CROISIÈRES À QUÉBEC : STAGNATION OU DÉCLIN… !
Été 2000…! C’était le chaud débat à Québec. Le dossier des croisières faisait « jaser » et l’administration de la ville de Québec, sous la gouverne du maire Jean-Paul L’Allier était…disons…en « désaccord » avec les visées et les ambitions exprimées par l’administration du Port de Québec sous la direction de Ross Gaudreault.
Dans les réflexions et les constats qui vont suivre, (après tout, le simple exposé des chiffres ne fournit-il pas par lui-même une évidence qui permette de dégager un constat?) mon objectif n’est pas de poser un jugement sur les performances globales de croissance du Port, ni sur le savoir-faire de son PDG pour les atteindre, puisque les excellents résultats du Port dans leur généralité parlent d’eux-mêmes.
Mais, parmi les activités du Port de Québec, il y a aussi le volet croisières, dont l’analyse doit se différencier et se détacher des autres activités du Port, et je reviens donc, cette mise au point étant faite, sur ce que je qualifierai de véritable enjeu pour le développement de notre région.
Enjeu important s’il en est un, d’autant plus que l’argumentaire à cette époque, flottait bien loin d’un débat conceptuel, n’ayant désormais pour tout focus qu’une bataille livrée autour du lieu ou devrait se construire cette « fameuse bâtisse ».
Et bien, elle fut construite cette « bâtisse » de 23 millions, condition essentielle et incontournable à réaliser, selon le discours tenu alors par le PDG du Port, et qui enclencherait alors un développement majeur de l’activité des croisières au port de Québec…!
Mais, cette réalisation s’est faite sans tenir compte d’aucune des conclusions et des principales recommandations du volumineux rapport soumis alors par les très réputés consultants, qui d’ailleurs avaient été engagés par le Port lui-même, la firme américaine Bruno-Elias spécialisée dans ce domaine, et jouissant d’une incontestable réputation internationale…
C’est qu’en plus, à cette époque, on avait dénaturé carrément la nature et les objectifs visés par le projet qui avait été mis de l’avant dès 1994 par votre humble serviteur, soit de faire DE Québec un Terminal de croisières, alors que tout cela en définitive n’a aboutit qu’à la construction d’une « bâtisse » qu’on a baptisée « Terminal de croisières »…!!
(Lire le mémoire intitulé « Québec Terminal de croisières » soumis en mars 2000 à l’administration municipale, à la suite duquel on peut y retrouver certaines réflexions suite au rapport des commissaires qui ont conduit des audiences publiques en mai 2000 sur ce débat. À lire également l’article publié en 2000 dans l’édition no. 17 du journal électronique « Commerce-Monde » sous la plume de Daniel Allard)
Et voilà, on échangeait un concept contre un bâtiment…! On a bien construit À Québec un terminal de croisières, (et les firmes bénéficiaires de ces lucratifs contrats en furent ravies…) mais on n’a pas fait pour autant DE Québec un Terminal de croisières… !
Regardons maintenant la situation 7 années plus tard et comparons la situation actuelle avec celle qui prévalait lors de ce fameux été 2000 ou mieux encore en 1997, année ou les ports de Halifax et de Québec affichaient des performances pratiquement semblables avec environ 46 escales de navires dans chacun de ces deux ports pour plus ou moins 44,000 passagers accueillis.
Non seulement l’activité « Port d’attache » ou « Port de destination » n’a ni changé ni évolué depuis cette époque, mais l’activité « navires en escale » n’a pas, elle non plus évolué; elle a peut-être même décliné et creusé de façon éloquente l’écart avec nos concurrents, si on se fie sur les propres chiffres publiés par l’Administration portuaire de Québec, de Saint John N.B. et de Halifax.
Les chiffres exprimés ci-dessous comptabilisent séparément les navires d’une capacité supérieure à 700 passagers et inférieure à 700 passagers. Dans tous les cas, les membres d’équipage ne sont pas pris en compte. (Pour l’année 2006, pour arriver au chiffre de 90,000, il semble, selon leurs chiffres, que le Port avait inclus les membres d’équipage).
Dans le cas de Québec, plusieurs de ces escales de navires de moins de 700 passagers se font même avec des petits navires d’une capacité d’environ 100 passagers, et en plus, les 16 escales du CTMA Vacancier, qui dans les faits s’apparente plus à une opération de cabotage qu’à une véritable opération de navire de croisière, sont également comptabilisées dans cette catégorie.
Escales (+ de 700 pass) Escales (- de 700 pass) Croisiéristes
Ø PORT DE QUÉBEC :
1997 total d’environ 46 escales toutes capacités 44,000
2000 35 escales 34 escales 60,000
2007 35 escales 35 escales 65,000
Ø PORT D’HALIFAX :
1997 total d’environ 46 escales toutes capacités 44,000
2000 95 escales 9 escales 140,000
2007 86 escales 6 escales 175,000
1997 15 escales 0 escales 19,813
2000 67 escales 0 escales 101,423
2007 54 escales 0 escales 138,450
Il nous semble, à notre avis, que la situation est sérieuse et que Québec est loin de s’approprier la part qui devrait lui revenir alors que le marché mondial de la croisière est en forte expansion.
Peut-être le Port de Québec a-t’il un jeu caché et que l’avenir nous réserve de bonnes surprises. Je le souhaite sincèrement pour toute notre région.
Pour sa part, le projet Maestro, littéralement assassiné en mars dernier sans qu’aucune aide ne lui soit apportée par quelque organisme public ou parapublic que ce soit, faisait du développement de l’activité croisières en port d’attache à Québec, un de ses objectifs clairement identifié au plan d’affaires.