ÉPOUSTOUFLANT…À TOMBER PAR TERRE…!
Même le GALA ne doit pas en revenir…! À n’en pas croire ses yeux et ses oreilles, l’article paru dans le journal Le Soleil du 21 août dernier sous la plume du journaliste Pierre Pelchat et intitulé « La région doit miser sur les liaisons aériennes »
Je suis presque tombé à la renverse quand j’ai pris connaissance de cet article et du message qu’il comporte, tout en réalisant que celui qui l’a écrit est justement le journaliste du Soleil qui généralement suit le plus assidument les nouvelles qui concernent le tourisme, l’Office du tourisme et les développements à l’aéroport de Québec et au Port. Et dans cette perspective, qui connaissait également assez bien les grandes lignes et les objectifs visés par le projet Maestro qui n’a, vous le savez tous, reçu aucun appui tangible des organismes et institutions de la région, avec pour conséquence la mort de cette belle entreprise québécoise.
Quand je pense qu’il a fallu que ce soient les déclarations savantes d’un analyste montréalais rattaché au Réseau de veille en Tourisme de l’Université du Québec à Montréal, qui déclarait tout bonnement « Un meilleur accès aérien est l’épine dorsale de l’industrie touristique » …tiens donc,…pour que cela justifie qu’on en conclue tout naïvement que voilà, çà y est, on a trouvé la solution…! « La région doit miser sur les liaisons aériennes ».
Québec en avait un instrument et un outil de développement du tourisme. Et Québec l’a laissé, sans réagir, se faire attaquer de façon odieuse par une concurrence déloyale commandée et dirigée par des entreprises étrangères à la région.
Mais cette belle entreprise, dont les seuls objectifs étaient de servir les gens et les intérêts de la région avait été pensée et créée par des gens de la région, financée dirigée et opérée par des gens de la région, et, que c’est classique et bien connu ici à Québec…..nul n’est prophète en son pays…!
Quand je pense que depuis des années, dès 1986, plus de vingt ans dans les faits, j’ai crié à qui veut bien l’entendre sur toutes les tribunes possibles, alors qu’à une certaine époque pas si lointaine, j’avais le sentiment de prêcher dans le désert, que le problème principal quant au développement du tourisme pour notre région, et que la solution première pour le résoudre passerait par les accès aériens dont la prise en charge, l’approche philosophique et le centre décisionnel devraient absolument être le lot de Québécois dont la base et les attaches seraient ici à Québec.
Bien sûr, qu’il faut aussi continuer à travailler d’arrache pied, comme le font actuellement les gens de l’Aéroport, pour intéresser des transporteurs étrangers à venir desservir notre région, mais cela n’aura jamais tout à fait l’effet de pouvoir contrôler d’ici même notre destinée en fonction des besoins de développement de nos infrastructures et activités économiques et des aspirations de nos gens.
Par la suite, et au fil des années, je n’ai pas cessé d’attaquer le sujet et de profiter de toutes les occasions pour ramener ce débat, auquel, il n’y a pas encore si longtemps, personne n’attachait vraiment d’importance alors qu’il était d’une évidence éclatante qu’au fil des ans, Québec se faisait isoler de plus en plus, toutes les décisions concernant l’aérien ne se prenaient qu’à Montréal ou à Toronto
Au printemps 2000, dans un rapport soumis à l’administration de la Ville de Québec sur le développement de l’industrie des croisières en « port d’attache » à Québec, j’avais traité de ce problème. Un peu plus tard, en décembre 2002, à la demande de la Mairie de Québec, j’avais soumis un nouveau rapport comportant une réflexion sur les principaux axes de développement de l’industrie du tourisme à Québec, et dans lequel j’identifiais de façon très claire les dessertes aériennes comme représentant, entre autres causes, un obstacle majeur au développement du tourisme à Québec.
Ce rapport faisait en partie suite au dépôt, en décembre 2001, du très « percutant » rapport Dagenais sur la gestion du tourisme à Québec et intitulé : Le tourisme à Québec, un partenariat à repenser.
Et plus récemment, depuis 2002 jusqu’en 2007, en compagnie de toute une équipe hautement professionnelle, et appuyés par près d’une douzaine d’investisseurs privés de notre région j’ai travaillé d’arrache pied pour faire naître ce projet Maestro, qui permettait de par les objectifs et la mission que nous lui avions donnée, de s’attaquer à une bonne partie de ce problème des liaisons aériennes déficientes à Québec.
(Lire le plan d’affaires de Maestro qui en décrit minutieusement les enjeux et les objectifs et qui brosse un tableau complet des conséquences positives de sa présence dans notre milieu)
On voit bien que ce problème des accès aériens à Québec a été depuis des années adressé et commenté, décortiqué et expliqué, sans pour autant qu’on y attache grande importance pendant longtemps, et qu’il est bien loin d’être nouveau puisque je l’ai décrié des dizaines de fois en plus de justement avoir mis en place un projet qui s’y attaquait directement.
En ce qui concerne justement ce projet Maestro, qui constituait une solide amorce de réponse à ce grave obstacle, malgré le fait que à partir de 2004, après plus de 18 mois de parade de Caïphe à Pilate dans tous les ministères concernés par le développement économique, et spécialement le MDEIE, le projet Maestro, après avoir été décortiqué et épluché par leurs analystes, ceux de Transport Québec, Investissement Québec, Emploi Québec, Tourisme Québec et nombre d’autres firmes externes, le projet avait été officiellement reconnu UNANIMEMENT par tous les membres de la CAR Économique en septembre 2005 (voir lettre du ministère) comme structurant et important pour notre région avec recommandation de le présenter à Investissement Québec pour y recevoir une aide financière…qui n’est jamais venue, le dossier étant allé s’égarer dans les dédales bureaucratiques et mis aux oubliettes sous le prétexte qu’il ne pouvait coller exactement avec aucun programme précis…! N’oublions pas l’autre vieux dicton populaire qui dit : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage…! »
Maestro, c’étaient des liaisons aériennes, et cela apportait aussi des solutions nouvelles d’accessibilité à notre région pour des marchés qui n’y venaient pas, et sans vouloir prétendre que le maintien de sa présence à Québec aurait réglé le dossier, c’était l’occasion pour Québec de prendre en mains sa destinée avec tout l’effet d’entraînement que cela aurait par la suite amorcé.
Avant l’arrêt forcé et brutal de ses opérations le 7 mars dernier, nous avions tenté en février dernier de faire réactiver le dossier de l’aide gouvernementale, sachant que nos accords avec notre opérateur aérien Skyservice avaient été renégociés et prolongés d’une période additionnelle de 5 années et qu’un important refinancement avec nouvelles mises de fonds était en cours.
Le 10 mars, après l’arrêt des vols, le ministre responsable du MDEIE lui-même en personne, M. Raymond Bachand, (M. Bachand pour information était cadre et par la suite Président du Fonds de Solidarité de la FTQ à l’époque ou ils sont devenus le principal actionnaire de Transat) faisait au journaliste Gilbert Lavoie une série de déclarations totalement erronées, (lire l’article) alors qu’il était particulièrement clair qu’il ne connaissait rien au dossier. (Lire ma mise au point et mes réponses au ministre, pour lesquelles je n’ai jamais reçu aucune réponse ni accusé réception.
Oui, M. Pelchat, le problème de l’accessibilité aérienne à Québec en est un véritable. Il faut remercier M. Claude Péloquin du Réseau de Veille en tourisme de l’UQUAM de vous avoir alerté, de même que les québécois sur cet important obstacle à notre développement…!